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La sodomie


« Tout le bonheur de l’homme est dans son imagination » affirmait le Divin Marquis. Sodomie, pénétration anale, enculage, pédication, les mots ne font pas défaut pour évoquer le sexe anal. Ce mot se définit comme étant une pénétration de l’anus et du rectum que ce soit avec la verge ou avec un objet sexuel, de type godemiché ou autres. La pénétration avec un doigt, du ou de la partenaire, entre également dans ce cadre. Aucune pratique sexuelle n'a autant déchaîné les foudres des religions et des Etats, bien avant la masturbation ou la fellation. Longtemps condamnée comme déviance insupportable, trop proche de l’homosexualité ou de la masturbation (comme perte de semence), la sodomie reste l’un des plus tabous de notre sexualité.  

Pour beaucoup de femmes s’est encore une barrière à franchir. Gilda raconte : «?Mon mari en avait envie. Moi, j’ai pris du temps à y consentir.?» Est-ce qu’elle a aimé?? «?Hum?! C’est comme être touchée dans un endroit encore plus intime. Comme si j’avais perdu ma virginité une deuxième fois.?» Jennifer l’a expérimenté dans le feu de l’action. : « Finalement, à ma grande surprise, cela m’a plu. Le plaisir a dominé sur la douleur. »

Les enquêtes montrent  que la pratique de la sodomie a augmenté. Sans doute les films érotiques amateurs y sont pour beaucoup. Mais, cela n’est pas toujours facile pour les femmes de l’accepter. Pour le sexologue Michel Dorais, professeur à l'Université de sciences sociales de Laval au Québec croit que « les femmes se plient surtout au désir de leur partenaire. C’est la même chose pour l’échangisme?: elles le font parce que les hommes le leur demandent.?» Majoritairement, le sexe anal reste un fantasme d’homme. Pour eux, cela reste un des derniers tabous, ce qui le rend d’autant plus excitant. On sait que l'interdit social joue un rôle important dans l'ébauche d'un fantasme à l'échelle nationale. "Chez les peuples occidentaux, on érotise précisément ce qui est tabou. En gros, plus c'est interdit et plus c'est excitant et donc meilleur". Car transgresser l'interdit permet de cultiver un sentiment de culpabilité parfois nécessaire au plaisir.
 « Quand je songe à ce fantasme,  c’est pour moi évocateur de ce qu’il y a de plus bestial dans la relation avec un mec.  J’ai la parfaite vision d’une femme soumise en train de se faire prendre. Jubilatoire dans le rêve mais pas dans la réalité » - confie Virginie.

Pour le sexologue, Erick Dietrich,"Les femmes fantasmant sur cette pratique y associent généralement des images du type être violé, être possédée, s'offrir". Paradoxalement, ce fantasme peut aussi cacher un désir de domination de la part d'une femme. "C'est une prise de pouvoir dans un sentiment d'aller au delà, analyse-t-il. La femme prend le pouvoir sur l'homme dans le sens où elle seule peut décider de s'offrir ainsi. On retrouve ce même sentiment de puissance chez les femmes soumises ou maso. Ces dernières ne sont dominées que parce qu'elles l'ont décidé".

Si le fantasme est extrêmement répandu , le passage à l'acte est difficile pour beaucoup de femmes. La douleur et l’hygiène sont les raisons les plus fréquemment évoquées. Nadia redoute surtout que l’expérience se révèle sale et malodorante. « Très loin de l’image qu’on se représente de la femme : élégante, presque désincarnée. Pour moi, qui suis très méticuleuse, c’est difficilement supportable et pourtant mon mari me presse. » A l’inverse,  d’autres en rêvent secrètement, justement peut-être parce que c'est l'activité sexuelle la plus prohibée et la plus "sale" de toute. « La scène fameuse où Marlon Brando enduit le cul de Maria Schneider de beurre dans « Le Dernier Tango à Paris » m’a profondément bouleversée – confie Xavière.  Je trouve le pouvoir transgressif du sexe hyper excitant. Dans mes fantasmes les plus extrêmes, je me vois souillée, couverte d’immondices. La sodomie facilite ce type de désirs car on ne voit pas son partenaire. »

Beaucoup d’entre elles se représente la sodomie comme un acte pervers. Cela est du à la vision qu’en donne les films X, où la sodomie est présentée  comme un acte agressif, de type viol, sur des partenaires non consentantes. Nelly s’interroge : « Je sais que mon mari très attiré par le porno. Il aimerait bien qu’on passe à l’acte mais quand je vois l’attitude de certains hommes dans ces films, je redoute beaucoup la douleur et puis j’ai l’impression que je me sentirais avilie. J’ai l’impression qu’il me prendrait pour une actrice porno. » Pour beaucoup, la femme qui se laisse sodomiser s’offre comme un pur objet sexuel dans la mesure où elle ne pourra être fécondée. Le poids des tabous religieux est toujours très présent et la sodomie est encore considérée comme un acte contre nature. Celui qui sodomise une femme ne s’unit qu’à lui-même a-t-on coutume de dire. Le fait que sa pratique ait été encensée par Sade dans ses écrits contribue à accroître sa réputation sulfureuse. Dans ses écrits, en effet, le vagin est rarement au centre de son obsession. C'est l'anus, l'objet de ses désirs sexuels les plus véhéments.

Pas de fécondation, pas de plaisir et pourtant la réalité est autre.
La sodomie véritable est la transgression d'un interdit, et l'expression d'une domination sexuelle de la part de l'homme. C'est pour cela – entre autres- qu'elle plaît. Mais il faut bien s'assurer, répétons-le, qu'elle plaise aux deux partenaires.
"Si c'est la femme qui le demande dans la réalité, on est souvent dans un fantasme de soumission par viol anal, déclare Erick Dietrich. "Si c'est l'homme qui le demande - ce qui est le cas ici - il s'agit d'un fantasme sadique. Il veut faire mal et posséder cette femme tout simplement parce qu'elle pourrait le lui refuser".

Librement consentis, les rapports anaux induisent donc une très grande complicité entre les partenaires, l’inexplicable sensation de se livrer tout entier à l’autre, à condition d’observer mesure et douceur. Là, on sort du rôle imparti dominant/dominé. Et l’on rentre dans un rapport de confiance où chacun peut changer de posture. C’est le cas dans le couple « switch » où il y a inversion (c’est le cas de le dire !) des rôles en permanence.

Sur le terrain, si les hommes aiment pratiquer la sodomie, moins de femmes apprécient la recevoir. Cette pénétration nécessite beaucoup de douceur pour ne pas traumatiser le sphincter anal et, lorsqu'elle est pratiquée dans de bonnes conditions, elle n'est pas douloureuse et n'est pas plus risquée que d'autres pratiques sexuelles. Pour rendre jouissive cette capitulation transgressive, il faut une soigneuse préparation. La précipitation et l’élan spontané ne sont guère appréciés. On conseille, pour éviter toute douleur, un lubrifiant à base d'eau car la vaseline est  contre-indiquée avec les préservatifs ou les godemichés. Ajoutons à cela, toute une panoplie de sextoys particulièrement inventifs : outre les godemichés (qui doivent comporter une butée pour des raisons de sécurité), mentionnons l’anéros et ses variantes spécialement étudiés pour le plaisir anal et prostatique, donc masculin, les boules, les gode-ceintures ou les vibromasseurs de plus en plus perfectionnés.

La pratique de ce fantasme se prête bien à toutes sortes de mises en scène permettant d’amplifier le sentiment d’excitation mais aussi de plaisir.  Pour parfaire le tableau, il existe également toutes sortes de bijoux d’anus décoratifs dits rosebuds (boutons de rose) au spectacle hautement érotisant.  

Le coït anal est une façon d’explorer de nouvelles sensations et de renouveler vos pratiques sexuelles. Le rectum, bien qu’extrêmement fragile, n’en est pas moins l’une des parties de notre anatomie des plus innervées, donc extrêmement susceptible de déclencher un plaisir réel. Bien sûr, cela réclame quelques précautions car il est aussi l’un des moins humidifiés et donc sujet aux micro-lésions. Mais au-delà de cette faiblesse, il s’avère un réceptacle propre à favoriser l’orgasme pour les femmes aussi bien que pour les hommes.

"Avant de me laisser faire, je demande toujours à mon amant de me préparer avec soin par des caresses, des coups de langue, et aussi de me caresser le clitoris, bref tout ce qui peut me "détendre". Il me pénètre ensuite lentement. Ensuite, cela devient beaucoup plus fougueux. Parfois j’oublie que cette partie du corps n’a pas vraiment été prévue pour cela. C’est incroyablement excitant, même si ce sont des orgasmes presque plus psychologiques que physiques…" révèle Charlène.

L’entrée des artistes, pour ces adeptes, c’est tout un art….

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Comments (1)

  • yoyo
    2019-09-04 12:07:44
    j'adore ...
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