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Faire l'amour attaché et/ou les yeux bandés


Faire l’amour attachée est un fantasme plus répandu chez les femmes que chez les hommes. Il s’accompagne de plusieurs variantes comme le fait d’avoir les yeux bandés. «  J'ai longtemps rêvé qu'on m'attachait les mains et les pieds avant de me faire l'amour – confie Natacha. Jambes repliées et légèrement écartées, je me rêvais à la merci d'un groupe d'hommes qui se disputaient pour entrer en moi les premiers. Depuis peu, je rêve que je porte également un bandeau, ce qui renforce encore plus le poids de l’imagination dans ce fantasme et augmente le plaisir car je ne peux rien maîtriser.. »

L'intérêt d'être sous le bandeau, c’est que même en cas de passage à l’acte, le fantasme prend le pouvoir. Un peu comme celui qui va s'endormir fait des rêves éveillés, la personne sous le bandeau peut fantasmer sur quelqu'un d'autre, imaginer être au milieu de plusieurs personnes, se croire dans un endroit public, etc.  Les yeux fermés, on est dans une sorte de romantisme érotique. Les yeux bandés, on entre dans la sensualité fantasmatique – et fantasmagorique.

Masque, bandeau, loup font partie intégrante de la panoplie désirante de la littérature érotique qui les a magnifiés. Impossible d’imaginer l’héroïne d’ « Histoire d’O » sans cet accessoire,  symbole de son parcours initiatique. Le port du masque de volupté est le signe qu’on s’installe dans une géographie du désir.

L'amour rend aveugle, dit-on. Peut-être, mais la « mise sous le bandeau " exige qu'on soit capable de s'abandonner en toute confiance à son partenaire, de suivre ses directives aveuglément, au propre comme au figuré.  Le bandeau, sachons-le, est la voie royale vers la domination/soumission. De même que la personne qui "voit" dirige tout glisse sans heurts vers la domination, la personne "non voyante glisse également sans heurts vers la soumission. Ce fantasme est par conséquent plus fréquent chez les femmes qui ont plus de mal à assumer leur sexualité.  Elles peuvent ainsi jouir sans entrave, sans se sentir responsable des sensations éprouvées.

Le  scénario fréquemment  choisi avec différentes variantes peut se résumer : Deux hommes vous attachent, vous bandent les yeux et vous caressent très doucement. Vous ne pouvez pas les toucher, ni les voir. Votre plaisir est un supplice. Pour trouver la signification profonde de ce scénario, il faut commencer par  s’interroger sur la nature du  rapport que vous entretenez avec le plaisir.  Dans cette version très adoucie du scénario de viol, vous vous donnez droit au plaisir (... enfin ?). Vous n'avez pas voulu ce qui arrive, ce n'est pas de votre faute, vous êtes attachée, vous ne pouvez ni fuir, ni vous débattre et en plus ils sont deux ! De quoi atténuer votre sentiment de culpabilité par rapport au plaisir.

La relation sexuelle aura bien lieu mais sans votre consentement. Vous êtes donc toujours innocente. Bien sûr,  très fort enfoui en vous, vous savez qu’il s’agit d’un rêve, un « simple » rêve avec des variantes où vous pouvez pousser le jeu jusqu’à vous faire violer par plusieurs hommes devant votre compagnon impuissant.  Contrairement à certains fantasmes, il n’est pas question de passer à l’acte car vous n’aimez pas la violence… quoique ? Si beaucoup de femmes apprécient la douceur de leur mari dans la vie courante, elles aiment avoir dans leur lit des hommes capables d’exprimer une virilité agressive, de les prendre d’assaut comme il se doit. Depuis « Les Liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos, on a appris à quel point le langage amoureux et érotique doit au vocabulaire militaire.  

Un plaisir égoïste, puisque dans ce scénario qui ne dépasse pas le stade des caresses, vous recevez, sans rien donner. Pour certaines, ce fantasme peut se décliner en rêve un peu insolite, voire traumatisant  comme celui de Marie qui se voit faisant l’amour avec une succession d’hommes sans tête. Cela ne correspond en rien à sa personnalité plutôt discrète et en retrait. Par ce rêve, on pourrait suggérer que Marie essaye de se déculpabiliser soit de ressentir du plaisir sans amour, soit de vouloir être désirée par beaucoup d’hommes de façon très narcissique. Ce type de fantasme sans tête… mais avec queue, est particulièrement observable chez des adolescentes ou de très jeunes femmes qui éprouvent une culpabilité d’ordre religieux ou social à l’idée d’avoir des relations sexuelles, parfois avant mariage, parfois hors mariage. Là plus besoin de bandeau puisque l’homme a la tête coupée.

Pour les psy, le fait d’arborer un masque, de se déguiser ou de se maquiller préalablement évoquerait une volonté de fuite, une envie d’aller chercher l’extase ailleurs, dans les bras d’un autre homme. On connaît l’importance du masque dans le carnaval. Il permet à la fois d’inverser la hiérarchie  sociale mais de changer les genres et de se livrer à tous les excès en toute discrétion à condition de respecter certains codes. Ce qu’omet de faire le héros du film « Eyes Wide Shut » (de Stanley Kubrick) et qui manquera lui coûter la vie s’il avait été contraint d’enlever son masque. Une femme perdra la vie pour le sauver. S’agit-il ici d’un rêve ou de la réalité ? peu importe puisqu’il  accepte de se soumettre finalement. Et n’oublions pas le dernier mot du film prononcé par Nicole Kidman : « Baiser ! ». Même si les masques sont toujours là symboliquement, il reste la réalité du désir qui n’est pas assouvi.

Dans le passage à l’acte, se faire bander les yeux est un classique de l'érotisme,  fortement recommandé pour les pudiques. En effet, on se  retrouve dans une posture où on ne voit pas, mais on se sent regardée sans savoir sur quelle partie du corps les yeux du partenaire s'attardent. Dans cette nudité doublement mise à nue, l'impudeur peut franchir quelques degrés. La personne sous le bandeau peut prendre des postures érotiques qu’elle n’aurait jamais osé prendre : comme se mettre à quatre pattes, par exemple. ... L'intérêt d'être sous le bandeau est que le fantasme prend le pouvoir. Un peu comme celui qui va s'endormir fait des rêves éveillés, la personne sous le bandeau peut fantasmer sur quelqu'un d'autre, imaginer être au milieu de plusieurs personnes, se croire dans un endroit public, etc. Echangisme, triolisme, pratiques SM, le bandeau se prête à tout. A côté des menottes et du fouet, c’est un accessoire de plaisir propice à toutes les sensations. Dans cette chambre noire, se crée une mise à distance de la personne, la rendant plus à l’écoute du langage de son corps. « Le meilleur moment, c’est quand on monte l’escalier »  disait Clémenceau. C’est peut-être aussi celui où l’on anticipe son plaisir/déplaisir dès la pose du bandeau.




Le bondage

Le bondage est une pratique sadomasochiste qui consiste à immobiliser le partenaire au moyen de cordes, de menottes ou autres liens et lanières, afin de le caresser ou d´avoir un rapport sexuel. A l’origine, il s’agissait d’exposer les femmes coupables de multiples larcins  ainsi ligotées d’une certain façon en fonction de leur délit précis.  Mais très vite, on trouva d’autres finalités à la contemplation de ce spectacle. Du simple nœud autour des poignets aux ligotages les plus complexes, le bondage offre de multiples variantes! Le bondage ne se réduit pas uniquement aux fétichistes du latex, aux sadiques ou aux masochistes, c’est aussi une forme d’expression artistique. Au Japon – pays dont il est originaire -,  il est considéré comme un art érotique à part entière. Nommée Shibari, cette activité, extrêmement populaire dans le pays,  n’est d’ailleurs pas une pratique sexuelle en soi. Chez nous, le bondage est vu comme une façon de pimenter la vie sexuelle, comme l´est le Kama Sutra entre autre. Dans sa version « soft », le bondage peut être associé à  une pratique aussi anodine que de lier les poignets de son partenaire. Parmi les accessoires favoris de ce type de  bondage, on retrouve les cravates, les foulards de soie, les bas-collants et les menottes en poil.  Certains pratiquent  le bondage les yeux bandés, car les sensations s’en trouvent alors décuplées. Les jeux de domination ne sont  pas nécessaires dans ce type de bondage.  Dans sa version la plus « hard », le bondage est généralement associé aux pratiques BDSM (bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme). C’est dans cette forme de bondage que l’on retrouve le plus souvent les fétichistes du vinyle et du latex, ainsi que l’usage d’instruments comme les chaînes, les fouets, les attaches en cuir, les baillons à boule et les menottes de métal.

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